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Sarah Codjo, "Perlicious accessoires" : " Je dois ma réussite et mon talent à..."

  Business, #, #TDI

Travailleuse comme la fourmi, créatrice comme une fée, la non encore trentenaire, Sarah Codjo, conceptrice, entre autres, de bijoux, artiste, jeune chef d'entreprise, a accepté d'aborder profondément, avec Le Quotidien, le concept de sa marque "Perlicious et accessoires" qu'elle va exposer samedi prochain, à l'Espace Agora de la Piscine Olympique de Dakar. Cet exemple du pragmatisme féminin venu du Bénin fabrique du made in Africa avec une équipe composée d'Africains. Une panafricaniste dans l'art pour inspirer les Etats.

Parlez-nous de la marque "Perlicous accessoires"
"Perlicious accessoires" est une marque de bijoux et d'accessoires faits à la main entièrement et réalisés par une équipe panafricaine que je dirige. Donc, je suis la directrice artistique. Ce sont des bijoux en général en pièce unique. Perlicious présente 4 volets. Il y a le volet bijoux, le volet accessoires en batik parce que je préfère utiliser le batik. Car c'est plus original que le wax que tout le monde fait. J'utilise aussi le batik sud-africain. Il y a le volet perlage avec des robes de mariée, d'accessoires et de mode. Enfin, il y a un volet formation car je forme des gens.

Pourquoi avez-vous choisi le Sénégal pour accueillir votre exposition samedi prochain ?
J'ai choisi Dakar pace que c'est là où j'ai pu me lancer à l'époque. Je fais partie des sortants de l'Institut supérieur de mangement (Ism). Dans cet institut, il y a toujours un évènement qu'on appelle Ism talent week. On y célébrait les différents talents des étudiants. C'est à partir de là que j'ai commencé à mettre en avant mes talents. Pour moi, la moindre des choses était de revenir là où tout a commencé pour faire une exposition afin de montrer que les choses ont évolué depuis cet évènement de talent, jusqu'à aujourd'hui.

Quelles sont les matières que vous utilisez dans vos œuvres ?
J'utilise du bois, de l'ébène particulièrement, du cuir et du batik. J'utilise de temps à temps des pierres précieuses. Mais la priorité est donnée aux matières en Afrique.

Votre principale matière est le batik sud-africain. Pourquoi cette préférence ?
Parce que nous ne produisons pas de pagne. Au Bénin, le wax que tout le monde veut n'est pas produit en Afrique. Il vient de la Hollande ou de la Chine. Je ne veux pas créer des accessoires avec du wax. Moi je veux produire du made in Africa. Le batik sud-africain résume tout ce dont j'ai besoin. L'esprit coloré de ma marque et le côté glamour fait que c'est portable de jour comme de nuit. Le batik est une matière facile à travailler et qui donne de superbes résultats. Il est facile à lier aux perles. Samedi prochain vous allez voir, il y a les sacs tribaux que j'ai perlés. Vous allez découvrir que l'effet des perles sur le batik est différent de son effet sur le pagne wax où il y a beaucoup de couleurs. Le batik me permet de laisser libre court à ma créativité. Durant cette exposition, le public verra des perles sans extravagance. Mes œuvres ne sont pas extravagantes. En somme, le batik me donne la possibilité de faire ce que je veux.

Quelles sont vos couleurs préférées ?
J'aime les couleurs très vives parce qu'étant une Africaine de peau très foncée.Je trouve que celles-ci me vont très bien. Le rouge, le jaune, la couleur violette, la couleur de notre environnement. Il suffit de prêcher dans notre végétation, au niveau de la forêt ou la faune, on voit les oiseaux avec des combinaisons de couleurs extraordinaires. Je m'inspire beaucoup de ce genre de choses.

D'où une multitude de messages que vous lancez à travers vos productions ?
Absolument ! Le premier message est qu'on peut avoir fait de hautes études et décider d'entreprendre dans l'artisanat. Je me dis que l'artisanat n'est pas un domaine réservé à des tarés. Moi j'ai un Bac+7 et plusieurs certifications en anglais. J'ai eu à travailler dans plusieurs domaines. Il ne faut pas dire que les plus tarés sont dans l'artisanat : c'est archi faux ! On peut avoir fait ses études et poursuivre sa passion. La deuxième chose est qu'une femme peut se lancer parce que si elle a de la foi et croit en elle, elle réussit toujours. La troisième chose est que la jeune femme africaine n'a pas à attendre de subvention de l'Etat ou une aide. Elle peut s'en sortir. J'ai commencé à partir de mes économies de stages. J'ai travaillé dans les sociétés. Et les économies m'ont permis de réunir mon capital.

C'est-à-dire que vous vivez de votre art ?
Absolument !

Vos œuvres sont-elles accessibles au public lambda ?
Bien sûr. Les œuvres sont à partir de 5 000 F Cfa. Et ce sont des pièces uniques. Aucun créateur ne vend celles-ci à partir de 5 000 F Cfa.

D'après vos explications, vous sembliez concilier l'art et la mode...
Absolument ! Parce qu'il y a beaucoup d'œuvres lorsque vous les portez, le premier aspect donne une touche incroyable aux tenues...

Récemment vous affirmiez dans la presse que vos bijoux définissent une personnalité. Pouvez-vous nous expliquer comment ?
Je le dis parce que tout le monde n'achète pas les mêmes choses. Cela dépend de qui vous êtes. Cela dépend de l'image que vous voulez projeter. Là où vous allez. Cela dépend du message que vous voulez passer. Souvent je reçois des gens qui me demandent de leur créer des bijoux ou une collection entière qui leur ressemblent. Dans ce cas, je suis obligée d'étudier la personnalité, les couleurs, les affinités et les goûts qui sont très personnels. C'est pourquoi, je dis que chaque bijou reflète la personnalité de chacun.

Quelle est votre cible ?
C'est la catégorie d'âge entre 20 et 70 ans. Cela part des étudiants jusqu'aux cadres d'entreprises et les personnes aux métiers libéraux.

A quoi doit-on s'attendre samedi pour votre exposition à l'espace Agora ?
Je vais exposer des bijoux, des parures très somptueuses du style mariage nigérian. Je mettrai beaucoup de batik parce que je veux mettre en avant cette matière que j'adore utiliser. J'exposerai des sacs tribaux. Ce ne sera pas du made in China. Ce sont des sacs produits dans mon atelier. Donc du sac tribal jusqu'aux accessoires bijoux avec du batik et des perles. Il y aura aussi des bijoux en perles du Sénégal, du Bénin de la Côte d'Ivoire et du Togo. On peut s'attendre aussi à des bijoux pour hommes venant du Zaïre, l'actuel Rd Congo. Le public découvrira assez de choses qui représentent les différentes parties de l'Afrique.

On sait que vous avez beaucoup exposé à Cotonou et Paris, quelles sont les autres manifestations artistiques auxquelles vous avez participé ?
Sur le plan international, j'ai eu à réaliser plusieurs expositions privées. Mais elles n'étaient pas ouvertes au public comme celle que nous allons faire samedi. On l'a fait au Kenya, en Ethiopie au Malawi et au Bénin. En France, j'ai participé à beaucoup de défilés de mode d'envergure internationale. Certains se sont déroulés au Bénin et ont eu de très beaux échos dans la presse internationale.

A votre avis, comment se porte l'art en Afrique ?
L'art africain de mon point de vue suit un certain bond parce que dans le domaine artisanal, je vois beaucoup de personnes se lancer pour mettre en valeur nos matières. Je pense que l'art africain commence à avoir un certain rebond surtout du côté de l'intérêt féminin pour ce domaine qui semble de loin inaccessible.

Avez-vous reçu des prix de consécration pour vos productions ?
En 2013, j'ai reçu le titre de meilleur produit culturel du Bénin décerné par le Centre culturel américain. En 2014, j'ai reçu le titre de femme de l'année dans le domaine des arts.

Au-delà de l'artisanat, est-ce que vous faites autre chose ?
Effectivement, je m'active dans le domaine de la formation. Je m'active dans le domaine du développement personnel, axé sur les femmes. Je suis active également dans l'humanitaire. Par exemple, j'ai participé à une campagne pour l'Union africaine où je représentais le Bénin. Nous passions de pays en pays pour faire la promotion de l'Ua à travers un match de football. Le Sénégal était représenté. J'ai participé à des remises de dons. Chaque fin d'année, je me donne l'obligation que la moitié des bénéfices obtenus, lors du lancement de ma collection, soit reversée à un orphelinat ou dans d'autres domaines qui concernent l'humanitaire.

Vous avez 29 ans et vous n'êtes pas encore mariée. Pourquoi ?
Je ne me suis pas encore mariée. Pourquoi ? Parce que chez nous, la notion de mariage n'est pas une chose automatique. Le mariage est très sérieux . Il faut prendre le temps d'y penser. Donc nous prenons notre temps.

Donc votre petit ami doit encore attendre ?
Je n'en ai même pas. (Rires)

Donc, vous êtes un cœur à prendre ?
Si voulez, oui. (Rires)

Parlez-nous de cette équipe panafricaniste que vous dirigez...
Mon équipe est composée de quatre nationalités : sénégalaise, béninoise, ivoirienne et malgache. Nous sommes capables de beaucoup de choses ensemble.

La notion de panafricanisme semble être très importante chez vous ?
J'insiste toujours sur ce point. C'est pour cela que vous ne verrez aucune création de ma marque composée d'une seule matière d'un pays africain.

Le rêve du panafricanisme est-il à votre avis, une réalité ?

Pour moi, le panafricanisme existe. Je ne me base pas sur les longues conférences de nos chefs d'Etat à coups de millions sur le dos des contribuables. Cela m'a fait plaisir de le voir dans un clip Viviane et Mokobé. Des artistes commencent à insuffler ce panafricanisme.

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Source : www.lequotidien.sn


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