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Au Liban, les employées de maison noires veulent être payer ...

  Société, #

Elles sont souvent battues, violées, enfermées, parfois poussées au suicide. Les employées de maison étrangères au Liban se sont réunies hier afin de lancer un syndicat et de parler d'une seule voix de leurs droits, une première dans le monde arabe.


" Nous voulons être traitées comme des êtres humains, de vrais travailleurs, a ainsi déclaré Leticia, une Philippine battue et violée par son employeur il y a quelques années. Avec ce syndicat, je ne me sentirai plus seule face aux abus.

" Dans une ambiance surexcitée, cette femme a participé aux côtés de plus de 200 Éthiopiennes, Sri Lankaises, Bangladaises et autres à la réunion fondatrice du syndicat à Beyrouth, une scène inédite dans un pays où leur métier est perçu avec condescendance.

Dans le monde arabe, qui accueille près de 30 millions de travailleurs migrants selon l'Onu, cette initiative est une première, même si elle risque de ne pas voir le jour, n'ayant pas reçu le feu vert du ministère du Travail. Interrogé, le ministre Sejaan Azzi a affirmé que " la loi libanaise interdit aux étrangers de créer un syndicat ", tout en assurant que " de nouvelles lois sont nécessaires pour améliorer la situation des employées de maison ".

Lancé sous l'impulsion de la Fédération nationale des syndicats des ouvriers et des employés au Liban (Fenasol), ce syndicat est ouvert aux employés de maison libanais, même si les étrangers sont majoritaires.

" À plusieurs, c'est plus facile... "

" Une travailleuse étrangère doit avoir un permis de séjour, un visa de travail, une assurance médicale, pourquoi son contrat ne serait-il pas rattaché au code du travail ? C'est un métier comme les autres ", souligne Castro Abdallah, secrétaire général de la Fenasol. " Les agences de recrutement des migrantes, qui agissent presque comme des trafiquants d'êtres humains, ont leur propre syndicat, alors que les 250 000 employées de maison étrangères au Liban n'en ont pas ", déplore-t-il.

Avec les pays du Golfe, le Liban est régulièrement montré du doigt par les défenseurs des droits de l'homme en raison du traitement dégradant subi par celles qu'on appelle parfois " servantes ". Si la mentalité a évolué grâce à des campagnes de la société civile, ONG et syndicalistes s'accordent à dire que rien ne protège ces travailleuses en cas de mauvais traitements ou de rupture de contrat.

" À plusieurs, c'est plus facile de traiter les problèmes, explique Gemma, 48 ans, qui a quitté pays et enfants en 1993 pour travailler dans les pays méditerranéens. Nous sommes comme les Libanais qui émigrent pour chercher du travail. "

Le projet syndical a émergé après l'entrée en vigueur en 2013 de la convention 189 par l'Organisation mondiale du travail (OIT), qui stipule un jour de repos par semaine, un salaire minimum et le choix du lieu où l'employé veut vivre ou passer ses vacances.

" Employées, pas esclaves "

Ces droits sont largement bafoués au Liban, qui n'a pas ratifié la convention. En vertu du système de " kafala ", la migrante, qui doit avoir un employeur principal pour obtenir des papiers, est à la merci de ce " parrain ". Cela a poussé certains pays comme les Philippines à interdire à leurs ressortissants de travailler au Liban.

" Il y a des employeurs qui enferment les domestiques dans leur chambre, d'autres qui ne les paient pas pendant des mois, ne leur donnent pas un jour de congé ou les font travailler de 6h jusqu'à minuit ", souligne Gemma, précisant que le salaire minimum doit être plus élevé que les 150 dollars qu'elle touche par mois. " Nous sommes leurs employés, pas leurs esclaves ", dit-elle. Sans compter que les migrant(e)s souffrent aussi d'un racisme institutionnalisé : certains lieux de loisir leur sont ainsi interdits.

En 2014, Human Rights Watch a rapporté que les autorités libanaises ne renouvelaient plus les papiers d'enfants nés de migrantes étrangères et les faisaient expulser, sans leurs mères. C'est cette ONG qui avait révélé en 2008 qu'une employée de maison se suicidait par semaine au Liban.

Pour Zeina Mezher, du bureau de l'OIT à Beyrouth, " un syndicat est une chance pour les employés qui se sentent souvent isolés de défendre leur cause collectivement ". " Nous espérons que ce syndicat sera un modèle dans le monde arabe ", a conclu Castro Abdallah.


 

lorientlejour.com


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Estelle
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