Christophe Rouchaléou : "Je suis un Africain"

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"Je n'avais pas les qualités pour être un bon joueur de rugby à 7, se définit Christophe Rouchaléou. J'avais une mauvaise technique, je n'étais pas rapide, j'étais juste un très bon plaqueur." La réflexion a de quoi étonner quand on voit le parcours de l'ancien trois-quarts centre du SC Captieux et du Stade Langonnais. En effet, ces vingt dernières années, le natif de Captieux s'est construit sur le circuit mondial du seven une solide réputation, notamment grâce à son expérience de deux saisons aux manettes de la sélection du Kenya.

"Ils jouaient du djembé jusqu'à 3h du matin"

L'élément déclencheur a été sa rencontre avec Thierry Janeczek. L'entraîneur de l'équipe de France de rugby à 7 lui propose à la fin des années 90 de rejoindre l'encadrement national pour la préparation des équipes de Développement. "Il m'a mis le pied à l'étrier", résume "Roucha". Après avoir entraîné Mérignac et La Teste, le Capsylvain délaisse le XV pour le seven.

En 2005, il accède même au poste de sélectionneur du Kenya. "Leur équipe ne marquait pas de points lors des tournois internationaux et l'IRB voulait les sortir du circuit mondial", rappelle le responsable du rugby à 7 au comité Côte d'Argent. Ce dernier arrive avec la mission de relancer la sélection africaine. Et les résultats ne tardent pas à tomber.

"Je n'ai pas fait grand chose, assure-t-il. J'ai juste modifié leurs renvois. C'est la phase la plus jouée au sept. Elle est bien plus importante que la mêlée ou la touche. Avant que j'arrive, les Kenyans faisaient des renvois longs pour jouer chez l'adversaire. C'est bien mais sans le ballon, ça ne sert à rien. Je leur ai fait taper des renvois courts et à partir de là, ils se sont mis à gagner. Ils ne savaient pas qu'ils étaient bons dans les airs puisqu'ils n'allaient pas au combat..."

Djembé et croyances

Avec les joueurs des hauts plateaux, le Capsylvain s'est bien trouvé. "Je suis un Africain, sourit-il. J'aime leur style de vie. Après les victoires, je restais avec eux pour danser. En Europe, je ne suis pas connu pour être l'entraîneur le plus rigoureux."

Il se rappelle d'une anecdote en 2006 où lors d'un tournoi international, un journaliste toque à la porte de sa chambre. "Il m'a réveillé à trois heures du matin pour me dire que mes joueurs étaient encore en train de jouer du djembé", rapporte-t-il, mais cela ne l'a pas empêché de se rendormir sur ses deux oreilles.

"Ils ne se mettaient pas la tête à l'envers, précise-t-il. Ils avaient juste besoin de se retrouver. Les Kenyans ont une culture différente de la nôtre. Avant de partir pour les tournois, ils avaient aussi un autre rituel. Au centre de Nairobi, la capitale, il y a une colline. Les joueurs se chargeaient d'un sac à dos rempli de pierres et ils la grimpaient plusieurs fois pour faire monter l'acidose. Au point de vue métabolique, c'était catastrophique mais la seule fois où ils ne l'ont pas fait, avant les Jeux du Commonwealth à Melbourne, ils étaient persuadés d'avoir raté leur tournoi à cause de ça. De la même manière, un joueur blessé allait voir le chaman du village plutôt que le médecin. C'est dans leurs croyances."

Et pour apprendre les skills, les Kenyans allaient voir "Roucha". Là-bas, le trainor de World Rugby a même un skill à son nom. Preuve qu'il s'est fait une place dans la culture kenyane...



Source : Le Républicain Marmande et Langon



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