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Covid-19 : le sport africain frappé de plein fouet

  Sport, #

La liste des mesures prises en Afrique pour faire face à la pandémie de Covid-19 est sans doute loin d'être close. Parmi les plus spectaculaires, il y a celle décidée par la Confédération africaine de football (CAF) de reporter le Championnat d'Afrique des nations (CHAN), prévu au Cameroun en avril, ainsi que les matchs des troisième et quatrième journées qualificatifs pour la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2021, prévus entre les 25 et 31 mars.

 

L'instance a également ajourné toutes les rencontres qualificatives pour la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans, pour la CAN féminine et pour la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans, qui devaient avoir lieu respectivement du 20 au 29 mars et du 8 au 14 avril.

Plusieurs fédérations ont également décidé de suspendre leurs championnats professionnels de football pour plusieurs semaines (Algérie, RDC, Libye, Maroc, Afrique du Sud, Ghana, Gabon, Egypte, Guinée, Mauritanie, Côte d'Ivoire, Sénégal, Botswana, Rwanda, Tunisie, Kenya, Guinée Equatoriale). Dans la plupart de ces pays, les autres activités sportives ont été interrompues. Et ces mesures indispensables pour lutter contre la propagation du Covid-19 obligent les clubs à s'adapter, sans vraiment savoir quand les compétitions reprendront.

Conséquences financières

En Algérie, où la dernière journée a été disputée à huis clos, Taoufik Kourouachi, le manager général du Chabab Riadhi de Belouizdad, leader du championnat, envisage toutes les hypothèses. " Y compris celle d'un arrêt définitif de la saison. On se pliera aux directives de l'Etat. En attendant, on s'adapte. La première des priorités, c'est la santé des joueurs. Nous avons donc suspendu les entraînements jusqu'à nouvel ordre. Les joueurs doivent respecter un travail athlétique personnalisé pour s'entretenir. La suspension a été décrétée jusqu'au 5 avril, mais il semble peu probable qu'on rejoue à cette date ", explique-t-il.

Le club algérois devra également subir les conséquences financières de cette crise sanitaire, même si son actionnaire principale, la Madar Holding (industries et manufactures du tabac), lui garantit une certaine aisance financière. " Si le championnat reprend à huis clos, on perdra de l'argent. Les billets sont vendus 3 euros. On ne perd pas énormément, mais ce que nous craignons, en cas d'arrêt définitif de la saison, c'est que nos sponsors donnent moins d'argent ", poursuit M. Kourouachi. Tous les clubs devront respecter les contrats des joueurs et des staffs techniques, mais la crise, si elle devait s'étirer dans le temps, pourrait les inciter à solliciter une aide de l'Etat.

Au Maroc, les clubs professionnels sont également impactés par la suspension des compétitions. Le Fath Union Sport de Rabat a pris différentes mesures, comme l'explique Hamza El Hajoui, son président : " Les entraînements sont évidemment suspendus, les joueurs doivent faire des exercices quotidiens, surveiller leur alimentation, mais sur plusieurs semaines, cela va être difficile à gérer. Et nous avons été obligés de fermer notre centre de formation, qui compte environ soixante-dix jeunes. "

Une nécessité sanitaire

La suspension du championnat marocain aura évidemment plus d'impact sur les clubs qui ont l'habitude de jouer devant un public massif, comme le Raja de Casablanca ou le Wydad Athletic Club aussi de Casablanca, capables d'attirer 35 000 et 40 000 spectateurs en moyenne. " Pour eux, le manque à gagner, au niveau des recettes aux guichets, sera forcément plus élevé que pour ceux qui jouent devant moins de monde. Mais il est évident que si la situation perdure et que la crise met en péril la santé financière des clubs, il est envisageable que nous demandions une aide de l'Etat ", admet Hamza El Hajoui.

Dans la partie subsaharienne du continent, l'arrêt des compétitions sportives, vécu comme une nécessité sanitaire, aura aussi des répercussions sportives et économiques, comme le confirme Youssou Dial, vice-président du Diaraf de Dakar, le club le plus titré du Sénégal (douze fois champions). " Le contexte économique du football sénégalais n'est pas comparable à celui de l'Europe. Il y a très peu de sponsoring. A ce jour, notre principal partenaire, NSIA Banque, continue de nous soutenir. Notre masse salariale mensuelle, pour les joueurs et le staff technique, et de 20 000 euros, notre budget est de 300 000 euros par saison. Si la suspension du championnat dure plusieurs semaines, on va perdre de l'argent et il faudra sans doute demander une aide à l'Etat. ", prévient-il.

Un arrêt quasi généralisé

La capitale du Sénégal, privée de football, comme les autres villes du pays, a également appris le report de la Basket African League. Dakar devait accueillir, à l'instar de Lagos, Luanda, Monastir, Salé et Le Caire, des matchs de cette compétition réunissant douze clubs, le tour final étant prévu à Kigali. " Ce n'est pas une annulation, mais un report, à une date à définir. Economiquement, ce n'est pas pénalisant, juste décalé. La Dakar Arena [inaugurée en 2018 et qui peut contenir jusqu'à 15 000 spectateurs], qui avait été choisie pour le match d'ouverture, le 13 mars, devait en théorie faire le plein ", explique un proche du dossier.

Pour l'instant, aucune nouvelle date n'a été fixée pour la tenue du tournoi. " Quand ce n'est que reporté, ce n'est pas trop un problème. Le sport génère des recettes (transports, billetterie, chambres d'hôtel, restauration, produits dérivés). C'est quand les événements sont annulés définitivement que le coût financier est élevé ", précise Hamza El Hajoui.

Cet arrêt quasi généralisé des activités sportives modifie également les habitudes des premiers concernés. L'attaquant de la JS Kabylie, Rezki Hamroune, ne s'attendait pas à ce que les instances du football algérien fassent jouer la dernière journée à huis clos, avant la suspension imposée par la situation sanitaire. " Comme d'autres joueurs, je n'avais pas vraiment envie de jouer. Sur un terrain, dans un vestiaire, il y a des contacts, et le virus peut se transmettre. Moi je pense à la santé des gens, de mes proches. Heureusement, le championnat a été arrêté. En Algérie, les gens sortent beaucoup moins, alors que le gouvernement a seulement donné des recommandations. Personnellement, je sors le moins possible de chez moi. Ce n'est pas évident, car j'habite en appartement, mais je vais prendre toutes les précautions, explique le joueur, qui s'interroge sur la façon dont il va occuper ses journées. Comme on ne s'entraîne plus, qu'il faudra se contenter d'un entretien individuel, les journées vont être longues, car nous, footballeurs, passons beaucoup de temps à se préparer, à jouer, à voyager et à récupérer. Pendant plusieurs semaines, nos vies vont changer. Je vais lire, regarder la télé, me reposer. L'essentiel, c'est qu'on parvienne à vaincre cette épidémie... "



Source : Le Monde.fr


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Lilou
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