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"Etha Contest" d'Habib Dakpogan : satire politique, cœur et anecdotes

  Culture & Loisirs, #

" Etha Contest " est désormais entre les mains du public béninois. Il s'agit du nouveau livre de l'écrivain Habib Dakpogan. Un recueil de nouvelles publié chez les Editions Plurielles qui a été officiellement lancé samedi 30 janvier 2016 à Benin Royal Hôtel devant un parterre d'amoureux du livre et de la lecture et de bouquinistes. Au total 08 textes sont dans l'œuvre présentée par Dr Roger Koudoadimou, assistant du professeur Guy Ossito Midiohouan, enseignant de Littérature au département des Lettres modernes à l'Université d'Abomey-Calavi. Selon lui, " Etha Contest " comporte trois parties. La première, c'est les nouvelles de satire politique dont la première nouvelle intitulée " Un piège à cons " et la nouvelle N°8 publiée sous le titre " Un problème de pain ". Les deux autres parties selon la classification de Dr Koudoadimou sont des nouvelles d'histoires d'amour et des textes anecdotiques. Parlant de l'auteur, il soutient que Habib Dakpogan est un auteur talentueux qui a sa place dans " la troisième génération " d'écrivains béninois. Il a à cet effet souligné la qualité de ses écrits. Habib Dakpogan est également auteur de deux romans à savoir " Partir ou rester, l'infamante république " et " PV, salle 6 ". Le premier a reçu en 2008, le prix Salon international du livre et de la lecture de Cotonou (Silco) en 2008. Le second a reçu le Prix du Président de la République en 2015.

Extrait

" Bon, ça y est. Je sors avec un homme marié. Je me regarde et je refuse de me détester. Qu'est-ce que j'ai changé ! Une année plus tôt, j'aurais rigolé à cette perspective... ou j'aurais eu un frisson de dégoût. L'être humain finit donc toujours par se faire aux conditions extrêmes de vie ! Aujourd'hui, je refuse de me juger. Mais c'est fou comme j'ai mis du temps à me rendre compte que je suis une amoureuse normale, démocratique et fière de l'être, au point de vouloir le rebaptiser, comme pour le recréer à mon image, laissant son vieux nom à sa vieille femme. Quel nom lui donner donc pour symboliser tout ce que j'aime en lui ? Lui que j'appelle mon homme, l'homme de ma vie. Un peu exagéré, d'accord, mais je n'ai pas d'autre expression. J'aurais voulu dire mari, amant, conjoint, pointeur, gars, chéri, mais aucun de ces vocables ne traduit vraiment ce qu'il est pour moi. Lui-même s'évertue à s'autoproclamer mari, mais il ne correspond pas vraiment au profil de l'emploi. Un seul terme semble décrire de plus près ce que nous vivons depuis un an : le mot moitié. Mais non, il n'est pas une moitié d'homme, lui si vif, si vivant. Il n'est pas non plus l'homme d'une moitié de vie, car ma vie n'est pas un puzzle à pièces perdues. Mais à tout prendre, à tout penser, je reviens toujours au même mot : moitié. Moitié, comme ce qui n'est pas entier. Comme une partie de la nuit, nos nuits. Comme une partie du temps, notre temps... ou notre manque de temps. Le temps d'un délire fougueux toujours nouveau, toujours électrique. Et l'instant insupportable où tout s'accélère : la douche brève, le pantalon vite renfilé, la cravate rajustée avec une perfection de virtuose.

Et tout devient mécanique. Les mots doux devenant trop rapides, le baiser moins passionné, subreptice, même si tu le vois se concentrer pour le rendre le plus naturel possible. Et ces " Tu sais que je t'aime " qui ont infiniment plus d'épaisseur avant la galipette qu'après la satiété. Moitié, comme une moitié de temps, juste une portion dérobée de ces 24 heures dont la coulée ininterrompue fait une vie : le déjeuner au Malibu, la visite à mon bureau ou au sien, les longues conversations dans la voiture, les coups de fil interminables, les WhatsApp et Facebook une partie de la nuit, et la suite de gestes qui vont avec : émoticônes de cœurs et lèvres rouges, poèmes sucrés sur couchers de soleils féériques, puis photos personnelles, de plus en plus osées, en somme, tous ces actes tellement répétitifs qu'ils en prennent de l'insignifiance. Fort heureusement, les serments renouvelés suffisent à combler ces moitiés. Serments attendus, et servis, à l'ultime instant où un dernier doigt frôle un bout de peau sous la joue. Besoin qu'il me rassure que même s'il lui fait l'amour, il m'aimera toujours moi, et besoin pour lui de savoir que tous les dragueurs du monde, mis ensemble, ne pourront effacer de ma mémoire la douce senteur de son parfum délicat mêlé à son odeur d'homme viril. " Extrait de Moi, moitié de moi, Etha Contest, nouvelles, Les Editions Plurielles, Cotonou, 2016.

 



Source : 229Culture


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