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JO 2016 : Simone Manuel en or, un symbole pour tous les Afro-Américains

  Sport, #

La victoire de Simone Manuel restera dans les mémoires. D'abord parce que la nageuse américaine a terminé première à égalité avec la Canadienne Penny Oleksiak lors de la finale du 100 m nage libre, ce qui n'était pas arrivé depuis 1984. Ensuite parce qu'elle a battu le record du chrono olympique, en 52 sec 70/100. Enfin, parce que cette victoire est fortement symbolique.

Simone Manuel, 20 ans seulement, n'est pas la première nageuse afro-américaine médaillée olympique. Avant elle, Maritza Correia McClendon avait décroché l'argent à Athènes en 2004, lors du relais 4x100 m nage libre. Puis Lia Neal avait obtenu le bronze à Londres en 2012 sur cette même épreuve. Mais Simone Manuel est la première Afro-Américaine à triompher dans une épreuve individuelle, et qui plus est à rapporter l'or.

Sa performance est donc historique. D'ailleurs, Simone Manuel est bien consciente de ce que sa médaille représente. Après sa victoire, elle déclare, en larmes :

"Cela signifie beaucoup, cette médaille n'est pas juste pour moi, elle est pour tous ceux qui sont venus avant moi et qui m'ont inspirée. Elle est pour tous ceux après moi qui pensent qu'ils ne peuvent pas le faire. Je veux juste être une inspiration pour les autres, montrer que vous pouvez le faire."

Elle ajoute également :

"J'ai essayé de ne pas pleurer, mais je n'ai pas pu me retenir. C'est un long processus pour en arriver là."

 

 

Explosion de joie sur les réseaux sociaux

Après la victoire de Simone Manuel, certains ont fustigé les médias, qui ne lui auraient pas accordé toute l'attention qu'elle mérite. NBC notamment a été prise pour cible, pour avoir parlé des sœurs Campbell, les nageuses australiennes arrivées 6e alors qu'elles étaient favorites, plutôt que de Simone.

 

 

But yet @NBCOlympics too busy talking about the Australians... Congrats @simone_manuel ???????? t.co/EIO1MAlqAr

- Mia (@notwithoutcafe)

 

11 août 2016

 

 

@NBCOlympics @simone_manuel .So the Australian sisters were more important obviously..no interview..no congrats..

- Katisha Williams (@KatishaWilliams)

 

11 août 2016

Sur Twitter en tout cas, nombreux sont ceux qui se sont réjouis de l'exploit réalisé par la jeune nageuse.

 

 

I am watching the glorious mermaid Simone Manuel make history. Well done, incredible mermaid.

- Lin-Manuel Miranda (@Lin_Manuel)

 

12 août 2016

 

 

First Black woman to win individual swimming gold for the USA. That'll always be yours, Simone Manuel. You're the inspiration now.

- Amadi (@amaditalks)

 

12 août 2016

 

 

 

 

this is for all the blacks kids who got kicked out of pools and for all the pools drained b/c black kids touched the water
Simone Manuel.

- profloumoore (@loumoore12)

 

12 août 2016

Une victoire historique et symbolique

Il faut dire qu'ils ont de quoi se réjouir. Cette victoire est, effectivement, un symbole. Aux Etats-Unis, les préjugés racistes contre les Noirs, prétendument incapables de nager, ne sont pas rares. Dans les faits, 70% des enfants noirs ne sauraient pas nager, selon USA Swimming. Et peu de personnes noires sont représentées dans les compétitions de natation.

Mais cela n'a rien à voir avec une incapacité, Simone Manuel en est la preuve, si tant est qu'il en fallait une. C'est simplement la conséquence d'un racisme institutionnel, en place pendant des années, qui a laissé des traces.

A partir des années 1920 en effet, la ségrégation interdit aux Noirs l'accès aux piscines. Puis comme le racontait Slate l'année dernière, "dans les années 1950, lorsque les Afro-Américains ont commencé à vouloir changer ces restrictions, ils se sont heurtés à l'hostilité farouche des Blancs".

"The Atlantic" rapporte par exemple qu'en 1957, dans la ville de Marshall au Texas, un procès avait été intenté par un jeune homme afin qu'une piscine publique soit ouverte aux Noirs. Plutôt que d'accepter cette déségrégation, les habitants de Marshall ont préféré que la piscine soit vendue à un groupe privé, qui a pu n'en autoriser l'accès qu'aux Blancs.

Des générations de Noirs se sont donc vues refuser le droit d'apprendre à nager. Il a fallu attendre 1973 pour qu'il soit illégal d'interdire les personnes de couleur dans les établissements privés de baignade.

Une nageuse comme les autres

Simone Manuel, elle, a appris à nager dès l'âge de 4 ans. Etudiante dans la prestigieuse université de Stanford, elle souhaite néanmoins ne pas être réduite à cette étiquette de "première nageuse afro-américaine" :

"Cette image de nageuse noire, c'est quelque chose avec lequel je me suis beaucoup battue : je suis très fière de montrer la diversité du sport, mais j'aimerais aussi qu'on puisse arriver un jour à simplement dire que je suis juste une nageuse", dit-elle.

Elle déclare par ailleurs :

"J'aimerais qu'un jour il y ait plus [de nageurs afro-américains], pour que ce ne soit plus Simone la nageuse noire parce que ce titre de nageuse noire donne l'impression que je ne suis pas censée être capable de remporter une médaille d'or, ou censée battre des records. Ce n'est pas vrai. Je travaille aussi dur que n'importe qui d'autre, et je veux gagner comme n'importe qui d'autre."

Ce vendredi 12 août, Simone Manuel va à nouveau concourir, pour le 50 mètres nage libre cette fois. Qu'elle gagne ou qu'elle perde, ce sera donc, dans tous les cas, comme n'importe qui d'autre. Ou plutôt, comme n'importe quelle autre championne olympique.

Richard Duclos



Source : L'Obs


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