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Joe Okitawonya, plasticien : " La peinture est une femme "

  Culture & Loisirs, #

Le plus Algérois des Congolais revient dans cet entretien sur son travail pictural, son séjour de près de 12 ans dans sa ville d'adoption, sa vision artistique, son premier livre. Entre autres projets, s'imposer à Paris, terminer son second roman " Le procès du cochon " qui le plongera dans plusieurs aventures, et un retour à Alger pour une exposition... Entretien réalisé par Amine Idjer

Impact 24 : Après des études à l'Ecole supérieure des beaux-arts d'Alger et un long séjour en Algérie, vous vous êtes installé en France. Pourquoi ?

Joe Okitawonya : J'avais soif d'une reconnaissance mondiale. Je voulais mesurer ma maturité artistique, être confronté à un autre public pour bien évaluer mon niveau, parce que lorsqu'on est encore chez ses parents, on est considéré toujours comment un enfant, c'est tout le monde qui vous protège. Vu qu'Alger est ma maison, j'avais l'impression d'être toujours bercé par le critique. C'est tout le monde qui t'applaudit et du coup, je ne savais plus où me situer, même si je savais que j'avais ma place. C'est ce qui a motivé mon départ, d'une part. D'autre part, j'étais confronté au problème de carte de résidence.

 

Comment définissez-vous votre peinture ?

Pour moi la peinture est une femme, si vous saviez vraiment aimer une femme, vous sauriez comment apprécie une peinture.

 

Le point G est le thème récurrent dans votre peinture. Pourquoi ?

Parce que je suis à la recherche du point G de ma femme peinture. Le point G de la peinture c'est codifier les émotions de l'art telles que ressenties par l'artiste pour les rendre accessibles à d'autres. Un partage des sentiments, et des émotions... Le " Poingeisme" est un état d'esprit. On peut penser poingeïsme, bouger poingeïsme, s'habiller poingeisme, draguer poingeisme, être Poingeiste comme moi.

 

Les couleurs vives et chaudes sont très présentes dans votre travail. Cela est-il dû à vos origines ?

Les couleurs chaudes sont liées à ma culture et à ma personnalité que je tout simplement hérité de ma MAMA AFRICA. La couleur en elle-même est un langage propre qui peut aller au-delà de ce qu'on peut imaginer. Elle véhicule des messages, nous parle de la vie de l'artiste, d'une société à l'autre et d'une civilisation à l'autre... Des recherches scientifiques ont mis en évidence que nos réactions sont, d'une part, physiologiques, en fonction des effets que les couleurs ont sur nos yeux et notre système nerveux. D'autre part, la couleur revêt une dimension mentale en fonction des effets qu'elle a sur notre regard et au rôle considérable qu'elle joue dans notre quotidien ; elle a le pouvoir de provoquer des réactions émotionnelles fortes chez l'être humain.

 

La femme est-elle votre unique source d'inspiration ?

Oui. Pour moi, elle représente un tout, c'est la maman, l'épouse, la clé du bonheur. J'aime la femme, un monde sans femme est semblable à une terre sans arbre. J'ai vite réalisé que la femme que j'aime autant n'avait pas ça liberté expressions surtout dans nos sociétés ou le paternalisme est très enracinés. C'est comme ça que je décidais à travers mes peintures

 

Vous avez déjà exposé à Alger. Comment étaient perçus vos tableaux ?

Alger c'est la maison. Les gens ont vu mes premiers pas dans le monde artistique. Forcément, ça influence aussi le jugement de gens, vue qu'artistiquement, je suis le " kahlouche " le plus aimé d'Alger, vous comprenez que mes peintures ont toujours été bien perçues.

 

Vous avez fondé le groupe Pigeon voyageur d'Afrique...

Oui je suis membre-fondateur du groupe Pigeon voyageur d'Afrique (PVA). Je voulais apporter une autre dimension culturelle à Alger avec mes amis qui sont le noyau de ce groupe : Onama César, de l'Ouganda, Kadima Joseph du R. D. Congo et Alex Mandjita du Tchad. Notre philosophie est : la culture est le trait d'union entre les peuples : se connaître, c'est s'apprécier. La peur de l'autre nourrit les préjugés et conduit à des excès d'humeur et même à la xénophobie.

 

Alger vous manque-t-elle ?

Je suis le plus Algérois des Congolais, j'aime dire que je suis né deux fois : biologiquement en R.D. Congo et artistiquement en Algérie. Alger fait partie de moi, oui elle me manque beaucoup. Si elle était une femme, je l'aurais épousée !

 

Une exposition à Alger en vue ?

Oui, je suis entre d'y pense et mon rêve, c'est le point G au MAMA, jusqu'à présent je l'impression qu'elle est encore vierge.

 

Vous avez écrit " L'Evangile selon Joe " paru aux éditions Lazhari Labter. Plus de détails ?

C'est une longue histoire, je dirais même que lorsque vous côtoyez beaucoup les Labter, vous avez plus de chances d'attraper ce virus. Mon livre, je l'ai écrit d'abord pour mon frère Amine. Parce que dans ces habitudes, Amine, avant de dormir, doit lire un livre, et il a voulu par force m'imposer cette habitude... Je lui répondais : " Je ferai plus que toi. J'écrirai un livre et comme ça avant que tu dormes, c'est moi que tu liras... ", Chaque fois, il éclatait de rire.

C'est comme ça que l'aventure a commencé. Je dirais même que c'est comme ça que j'ai commencé ma thérapie. Dans ce livre, c'est mon cœur qui parle. Je l'appelle " Évangile " tout simplement parce que je me suis inspiré de la phrase de Kateb Yacine qui dit " la langue française est un butin de guerre, qu'il faut la violer comme on veut ". Cela va de soi avec les religions qui font partie de ma culture, je me suis approprié de ça vu que moi-même je suis de confession chrétienne. Pour le reste, il faut acheter le livre pour découvrir le vrai Joe Okitawonya.

 

Source : www.impact24.info


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Alain
Partagé par : Alain@Belgique
Franco-gabonais... plutôt, Franco-Africain, spécialiste Tourisme et Voyages. Surtout Afrique Noire..
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