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Le cinéma africain loin des clichés

  Culture & Loisirs, #

Avec plus de la moitié de la population du continent vivant aujourd'hui dans les villes, le producteur sud-africain Steven Markovitz estime qu'il est temps pour le cinéma africain de mettre l'accent sur des histoires urbaines et non plus, comme par le passé, sur l'Afrique rurale traditionnelle.

C'est dans cet esprit qu'il a initié le projet African Metropolis, une série de six courts métrages de fiction dont l'action se déroule dans six grandes villes d'Afrique. L'opportunité pour ses jeunes réalisateurs d'affirmer le renouveau du cinéma africain.

Les clichés ont la vie dure. Quand on voit le nombre de films africains dont le scénario se déroule à la campagne, on pourrait presque oublier la rapidité avec laquelle le continent s'urbanise. Le plus souvent, les spectateurs occidentaux n'ont pas d'autre vision de l'Afrique que son image d'Épinal montrée dans ces films : de longs plans larges de vastes espaces inhabités, traversés par quelques femmes en tenues bariolées portant un nourrisson sur le dos et un fagot de bois sur la tête. " C'est l'image que beaucoup de gens se font de l'Afrique, mais ce n'est qu'un aspect de la réalité ", insiste Markovitz lors de la première européenne de African Metropolis au Festival international du film de Rotterdam. " Il est temps de montrer une réalité beaucoup plus dynamique de notre continent, qui est divers et plein de vitalité ", poursuit-il.

Aliens à Nairobi

Le court métrage intitulé The Homecoming met en scène la ville de Nairobi, menacée de destruction par des aliens. Max, le personnage principal, essaie de sauver Alina, sa voisine dont il est secrètement amoureux. Jim Chuchu, son réalisateur, était présent à Rotterdam en compagnie des cinq autres cinéastes d'African Metropolis. " Avec ce projet, nous avons eu une totale liberté pour raconter exactement ce que nous voulions ", confie-t-il dans un entretien, quand on l'interroge sur la frontière ténue qui existe dans son film entre l'imagination de Max et la réalité qui l'entoure. Dans The Line-Up, un court métrage tourné au Nigéria, certaines scènes surréalistes obligent le spectateur à questionner le caractère documentaire de l'histoire qui lui est raconté. Mais le film le plus ovationné de la série a été sans aucun doute The Other Woman de la dakaroise Marie Ka, une ode sensuelle à la féminité qui prend un tour inattendu. " La vie des femmes de mon pays est rarement montrée à l'écran ", explique la réalisatrice, " je voulais réparer cette injustice ".

Si les " Nollywood movies " produits au Nigéria connaissent un immense succès en Afrique, les films aux ambitions plus artistiques gardent le plus souvent un caractère confidentiel. Le projet African Metropolis a pu voir le jour grâce à une initiative du Goethe-Institut et au soutien du Hubert Bals Fund et de la Guaranty Trust Bank. Les courts métrages ont été projetés dans de nombreux festivals à travers le monde - Durban, Toronto et Dubaï - mais auront du mal à trouver un large public dans leur pays d'origine. " Je me demande si les Nigérians auront envie de voir mon film ", s'interroge ainsi Folasakin Iwajomo à l'issue de la projection. À Rotterdam, des spectateurs n'ont pas hésité à juger certains films " trop artistiques " en raison du manque d'intrigue dans leurs scénarios.

Suite

Steven Moloi, réalisateur du très apprécié Berea, apprécie African Metropolis comme une formidable opportunité. " Je ne pense pas que les scénarios de nos films doivent obéir à un format préconçu. Que l'action se passe en ville ou à la campagne, ce qui compte, c'est le besoin de raconter une histoire. Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir participer à ce projet et d'avoir réussi à le financer ". Berea raconte l'histoire d'un retraité sud-africain juif qui vit reclus au sein d'une communauté noire. " Il n'est pas fréquent qu'un réalisateur africain épouse dans son film la perspective d'un homme blanc ", admet Moloi.

Markovitz, qui avait déjà produit en 2011 Viva Riva au Congo, espère que ce projet de courts métrages en Afrique connaîtra une suite. " Nous serions ravis qu'un producteur ait envie de se lancer dans l'aventure et de la financer ".

[Photo:]
Une scène du film The Other Woman, le court métrage de Marie KA (crédit photo " L'autre femme ")

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Source : Your-bizbook


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