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Le coin des fêtes : des livres cadeaux pour le 24 !

  Culture & Loisirs, #

 

Beaux-livres

Art classique africain : des chefs-d'œuvre

Bien sûr, le mot peut paraître galvaudé, mais ceux qui ont déjà vu ou verront l'exposition que le musée Dapper consacre à sa propre collection s'accorderont sur le terme de chefs-d'œuvre : offrir ce catalogue quelque part historique c'est, avant ou après la visite, y vivre l'émotion que provoquent, dès les premières pages, les photos pleines pages de l'appui-tête de République démocratique du Congo, la statuette soninké du Mali au bras levé, puis les reliquaires Sangu, notamment du Gabon, la fameuse princesse Bangwa du Cameroun... Ce ne sont que quelques-unes des 130 pièces élues parmi celles réunies par Michel Leveau (1930-2012), fondateur du musée, et auquel ce parcours rend hommage. Les textes documentés des spécialistes demeurent accessibles, racontant à la fois le parcours des œuvres collectionnées notamment par Paul Guillaume, Charles Ratton, Jacob Epstein, Louis Carré ou Helena Rubinstein et leur rôle dans leurs sociétés d'origine d'Afrique centrale et de l'Ouest. Initiation ou redécouverte, un beau cadeau, vraiment.

Chefs-d'œuvre d'Afrique dans les collections du musée Dapper, éditions musée Dapper, 35 euros.


Voyage musical au Sahara

" Il ne faut pas que les gens oublient leur culture " et voilà, après les combats essentiellement politiques du début, pourquoi Tinariwen la chante, confie Abraybone, (Ibrahim Ag Alhabib). Ce roi du rock du désert est un membre fondateur du groupe le plus célèbre de ce Sahara en musique arpenté par Arnaud Contreras depuis 15 ans. L'auteur signe les belles photos en noir et blanc de sa promenade dans ces mondes Touaregs, Arabes, Songhai, Maures, autant de Sahariens qui vivent entre " l'exil et l'insécurité " et dont les groupes Malouma, Bombino, la chanteuse Aziza Brahim, ou encore Terakaft et Tamikrest sont des ambassadeurs dans le monde. À côté des photos, les propos recueillis par l'auteur auprès des uns et des autres sur place racontent un paysage que l'on ne soupçonne pas forcément, parfaitement connecté au reste de la planète. Elle qui l'oublie, ou cantonne ce Sahel aux terribles enjeux dont il est aussi le décor. Comment y vivre en souriant, au son blues des guitares ? Les réponses sont dans ces pages, où Justin Adams, musicien et producteur anglais, lui, ose cette question : " Et si la prochaine Beyoncé venait de Kidal ? "

Sahara Rocks, d'Arnaud Contreras, éditions de Juillet, 35 euros.

Bamako photos

Si tu ne vas pas à Bamako, Bamako viendra à toi. Et les photographes, exposés jusque cette fin d'année au Musée national et dans divers lieux de la ville. La 10e Biennale de la photographie africaine s'est ouverte fin octobre dans une perspective de reprise culturelle (et tous domaines confondus) que l'attentat du Radisson Blu a mise à mal, mais pas condamnée - l'hôtel a d'ailleurs rouvert. Pour découvrir, sur le thème " Telling time " les talents venus de tout le continent dans la capitale malienne, ce livre superbement édité est un sésame sur l'Afrique dans le monde contemporain pour les amateurs de photo et un voyage photographique pour les curieux des histoires que portent tous les temps de ce continent.

Rencontres de Bamako, 39,90 euros, à commander sur le site Kehrer Verlag Heidelberg.

Jeunesse : l'histoire d'Haïti

C'est l'histoire d'une île nommée Haïti que retrace pour les enfants ( à partir de 10 ans) l'artiste William Wilson dans un beau livre à déplier. On y découvre les reproductions des tentures en perles et paillettes ( inspirées des vèvè sur drapeaux vaudous) qu'il a réalisées à Port-au-Prince, dans la lignée de son travail sur l'Océan noir où des " tableaux " faisant appel alors aux traditions d'Abomey, marquaient en beauté les étapes de la narration de la traite de l'esclavage. Cette fois, des Indiens Arawak face à Christophe Colomb jusqu'au libérateur Toussaint Louverture qui fit de l'île la première République noire indépendante, l'histoire, mêlée au monde des loas (esprits vaudous) revit dans ce nouveau livre avec un appareil documentaire très précis.

Haïti, une île sous le vent, de William Wilson, Gallimard Jeunesse, 20 euros.

Romans

Dans ce roman-ville, le premier de cet auteur angolais, on rencontre un MarchandDeCoquillages, un CamaradeMuet, un Aveugle, mais encore une magnifique grand-mère, des politiciens, des journalistes, un facteur qui aimerait, enfin, disposer d'une mobylette pour faire sa tournée, et bien d'autres personnages réunis dans et autour d'un immeuble de Luanda inondé par une source intarissable... L'humour et la cocasserie affleurent en permanence dans ce tableau de la vie quotidienne dans la capitale angolaise, qui mêle le passé de la guerre, la rudesse du présent pour un peuple dont personne n'a cure, et l'avenir, vu à travers des buveurs de pétrole et investisseurs sans vergogne. Ce que résume cette phrase d'Odonato, le personnage pivot, qui redoute de devenir transparent : " J'ai de la saudade dans toutes les directions, pas seulement du passé. Je ressens de la saudade de choses qui ne sont pas encore arrivées. " Comme on plongerait dans un fleuve, on se laisse gagner tout entier par la mélopée d'Ondjaki, une des révélations littéraires et poétiques de cette rentrée, pour ce livre qui reçut le Prix José Saramago en 2103. Une vraie découverte, à enrober d'un ruban.

Les Transparents, d'Ondjaki, traduit du portugais (Angola) par Danielle Schramm, Métailié, 21 euros.

Coup de foudre pour Lagos

Le coup de foudre, ou quelque chose comme ça, voilà ce que déclenche le premier recueil de nouvelles du Nigérian A. Igoni Barrett (né en 1979). Neuf histoires palpitantes et profondes au cœur de la ville de Lagos, sur les pas de Dimié, garçonnet déjà chef de famille, face à la démission d'une mère alcoolique. Non que Barrett surfe sur le mélo, ce n'est pas son genre, mais parce qu'il excelle à décrire la pièce où les enfants vivent, les lourds silences et le long trajet jusqu'à la maison de leur grand-mère. Tous les personnages que l'on va rencontrer et retrouver pour certains, d'une histoire à l'autre, on les voit, on les entend, interpréter une comédie humaine si locale et universelle, intime et politique, chaque histoire transportant le lecteur au beau milieu d'une vie. Un petit bijou pour fêter la littérature en pleine forme sur le continent, la réponse à la question : " Tu n'aurais pas un bon livre à me conseiller ? "

Love is power ou quelque chose comme ça, de A.Igoni Barrett, traduit de l'anglais (Nigéria) par Sika Farambi, Zulma, 22 euros.

Polar à Libreville

Janis Otsiemi, l'auteur gabonais de polar est de nouveau en librairie avec un roman que l'on ne doit pas confondre avec l'essai éponyme de l'anthropologue Julien Bonhomme, sous-titré " anthropologie d'une rumeur africaine ". Quoique, la rumeur soit à la clé de cette histoire trépidante où l'on retrouve Libreville comme décor, trois enquêtes subtilement entrelacées et, en jeu, le président de la République du Gabon lui-même ! L'intrigue s'inspire de la mise en ligne d'une vidéo montrant l'intronisation du président Ali Bongo comme " nouveau maître de la loge nationale du Gabon ". Quel rapport avec cet homme dont on a volé le sexe ? Tout le talent narratif et la verve langagière et sans tabou de l'écrivain se dégustent dans cette nouvelle aventure urbaine.

Les Voleurs de sexe, de Janis Ostiemi, éditions Jigal, 18 euros.

Le dernier Toni Morisson

C'est l'histoire de Lula Ann, née trop noire pour ses parents mulâtres, dont la mère n'éprouve que du dégoût pour son enfant. La petite fille n'arrivera à s'attirer les faveurs maternelles que ce jour où elle témoigne contre son institutrice blanche accusée de pédophilie. Les deux thèmes majeurs du livre sont installés : comment vivre avec une couleur de peau qui demeure un enjeu brûlant dont l'actualité américaine ne cesse de témoigner ? Comment vivre, aussi, lorsqu'on a subi de près ou de loin dans l'enfance l'agression sexuelle d'un adulte ? La narration tirée au couteau fait s'alterner les monologues, dont celui de Bride - le nom que s'est choisi la jeune femme, apparemment libérée, incarnant la réussite, à travers sa ligne de cosmétique " Toi, ma belle " - et celui de son amant, Booker, mystérieux, bohème et séduisant, mais qui un jour la quitte, parce qu'elle n'est " pas la femme qu'il veut ". Qu'est-ce à dire ? Bride part à sa recherche, le suspense monte, mâtiné d'hyperréalisme, les destins peu à peu s'entrecroisent, tous marqués par un lourd passé que le présent cherche à délivrer. Le dernier roman du Prix Nobel de littérature est formidablement ancré dans son époque et une valeur sûre.

Délivrances, de Toni Morrison, traduit de l'anglais (États-Unis) par Christine Laferrière, éditions Bourgois, 18 euros.

Philosopher avec l'Afrique

Arnaud Zohou, qui a dirigé ces deux numéros de la revue De(s) générations dit joliment qu'il s'agit d'entrer " en palabre avec toute source qui nourrit le fleuve de la pensée " : " Penser avec l'Afrique " et " Prévoir avec l'Afrique et agir dans le monde qui vient" ne sont pas les plus mauvais des programmes pour passer de cette rude année à la suivante... On y découvrira les contributions de penseurs tels Souleymane Bachir Diagne, ( dont l'entretien est à lire ici) Achille Mbembe, Jean-Godefroy Bidima, mais encore pour le second volet de Jean-Loup Amselle ( entretien à lire ici ), ainsi que les propos de Saïd Bouamana sur les crises africaines contemporaines à la lumière de la révolution africaine et la traduction par Anthony Mangeon d'un extrait de La Nécessité d'une décolonisation conceptuelle en philosophie africaine, de Kwasi Wiredu. Ce tour d'horizon philosophique qui témoigne de points de vue divergents (sur la notion d'universel notamment, entre Diagne et Amselle) fait place à la poésie (René Despestre)et aux travaux d'artistes comme Driss Ouadahi, Johathas de Andrade, sans oublier les dessins, d'actualité, de Nidhal Chamekh... On trouve ces numéros à la librairie Présence africaine, et en ligne, à lire pendant le temps que parfois donne cette période de fêtes pour prendre un peu de distance et mieux repartir !

De(s)générations n° 22 et 23, 12,50 euros chaque numéro à commander en version numérique ou papier sur le site de la revue.

Bouquet de poésie haïtienne

Au pays de René Depestre fleurissent les poètes : connaissiez-vous ce visage-là de Lyonel Trouillot ? Dans le registre du désir (" Assieds-toi "), de l'amitié, mais encore de l'hommage à sa ville, un pan de son oeuvre est à découvrir dans le recueil C'est avec mains qu'on fait chansons. La musique du créole bat déjà dans son titre, et rythme l'anthologie de poésie créole (bilingue) que le même propose en librairie. On y trouve le déjà classique poème " Bon nouvel " de l'ardent James Noël, qui voit deux de ses recueils réunis en un volume en poche. Et au même moment, rend à ce format accessible à tous la créativité de son pays en dirigeant une anthologie pleine de merveilles, présentant 73 poètes haïtiens contemporains ! Enfin, avant de lire son prochain roman en janvier, c'est aussi le poète Makenzy Orcel que l'on découvrira en chantre épicurien des nuits, ici et là, passées aux terrasses des cafés, où vivre et revivre. Un opus paru avant le 13 novembre, et que l'on relit, forcément, avec d'autant plus d'émotion, après.

C'est avec mains qu'on fait chansons, de Lyonel Trouillot, Le temps des cerises, 10 euros, anthologie bilingue de la poésie créole de 1986 à nos jours Actes Sud Atelier jeudi soir, 22 euros. Le Pyromane adolescent, suivi de Le Sang visible du vitrier, de James Noël, Points, 6,90 euros. Anthologie de poésie haïtienne contemporaine, Points, 9,90 euros. La Nuit des terrasses, de Makenzy Orcel, La Contre Allée,9 euros.



Source : afrique.lepoint.fr


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