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Musique urbaine: Faut-il arrêter le phénomène "Vano baby" ?

  Musique, #

Les mélomanes béninois ont découvert ces derniers mois, un jeune artiste au style atypique. Rappeur en langue nationale Fongbé, Vano de son nom d'artiste en venu en rajouter aux critiques sur sa personne avec sa dernière composition musicale qui associe à merveille, vulgarité et perversité.

On ne sait vraiment s'il faut l'appeler artiste, chanteur ou tout simplement provocateur. Les témoignages sur ses morceaux sont effarants et se situent aux deux extrémités. Soit on l'aime, soit on ne l'aime pas. Mais toujours est-il ne que le jeune Vano de son nom d'artiste, à l'état civil Aurel Adjivon n'a que cure des observations sur sa personne. Il ne semble même pas en avoir le temps, tant il est préoccupé par ses flow comme disent les rappeurs. "Vano wê" ! C'est le titre qui l'aura révélé au public avant qu'il ne se rende populaire par un autre titre "Adigoué gboun gboun". Ces deux compositions, malgré tout le mal qu'en disent certains ont du mérite. Dans le premier, "Vano wê", le jeune rappeur se présente comme un sorcier vivant. Il serait, dit-il, un " Azéto Gbèdé". Ce son, il semble l'avoir composé pour répondre à ses aînés dans le métier et dans le milieu. "Vous prétendez que vous chantiez avant moi, que vous avez de l'argent, de la popularité... vous ne valez rien, vous êtes tous des pédés, vous êtes très loin de moi en musique, vous êtes des guêpes, des fourmis vous ne valez.." Voilà l'un des messages essentiels véhiculés à travers cette composition qui met en exergue les talents que Vano, venu au monde par accident réclame. Il va même plus loin, prétextant "qu'il peut tuer son frère pour un sachet d'eau" de 25 F Cfa. Le morceau "Vano wê" dont le clip bat des records de téléchargement et de lecture sur Youtube et autres sites de téléchargement de la musique n'est en réalité qu'une ode à la provocation, des insultes bien chantées à vau-l'eau qui, en réalité, ne devrait être diffusée nulle part. L'artiste a d'ailleurs peu de succès sur les médias. Mais sur les réseaux sociaux, il est devenu une "star" dont les "bêtises" fascinent plus d'un. En brûlant la politesse aux autres rappeurs avec son style musical atypique, Vano baby est adulé par une frange de gens qui trouvent à travers sa musique, la réponse qu'ils auraient toujours voulu donner à certains rappeurs trop imbus de leur personne. Il revendique volontiers sa modestie. Il n'a pas de voiture et se déplace en bus de transport commun. Mais cela ne sera pas un motif de découragement. "Si vous apprenez que Vano a abandonné le rap, dites-vous que c'est un poisson d'avril", se moque-t-il.

"Adigoué gboun gboun" : Vulgarité

La relative popularité à l'actif de ce jeune adolescent à peine sorti des études secondaires tient à deux choses essentielles. La première, c'est qu'il a le mérite de chanter en Fongbé, une langue nationale très populaire dont il articule les mots avec aisance, se faisant ainsi comprendre sans difficultés là où d'autres rappeurs ne peuvent se faire comprendre sans un dictionnaire de la langue anglaise. La seconde, c'est qu'il fait la part belle aux insultes. Un autre élément à succès dont peuvent témoigner des artistes comme Alèkpéhanhou, Gbèzé et autres qui usent des critiques acerbes stigmentisant les comportements sociaux déviants. C'est un paradoxe que beaucoup ont du mal à s'expliquer, mais les compositions à forte connotation de provocation ont toujours été adulées sous nos cieux. Vano baby le sait-il ? Peut-être ! Mais ce qui est certain, c'est qu'il en profite à satiété.
"Adigoué gboun gboun", c'est l'autre single qui a permis à ce jeune rappeur de se rendre populaire. En cinq mois seulement, quelques cent mille internautes l'ont téléchargé sur Youtube. Mais ce n'est pas tout. Le morceau a du succès, se partage comme un petit pain sur les applications téléphoniques. Les jeunes filles aux postérieurs astronomiques y ont trouvé un motif de satisfaction et de fierté. Grâce à ce son, elles peuvent se sentire moins complexées. En réalité, Vano y a chanté les charmes de Fanny, jeune fille belle aux déhanchements excessifs. Il demande même d'éviter de jeter un œil sur les postérieurs de la jeune Fanny, si énorme qu'on pourrait en faire un oreiller ou même y monter pour voir sur une longue distance. Il voudrait même y poser sa tête pour dormir pendant cent ans. Il y a mis une bonne dose de vulgarité qui, loin de repousser les mélomanes, les attire irrésistiblement vers cette composition.

 

Arrêtons la débauche !

Révélé par MTN Talent découvertes 2015, Vano en fait désormais un peu trop. Son dernier-né "Nanzéwe do charge" est une composition peu recommandable pour la discographie béninoise. Il est évident qu'aucun média ne prendra le risque de servir ce morceau à sa cible mais il faudra déjà veiller à ce que les paroles qui y sont distillées ne parviennent aux oreilles des enfants et même des adolescents. C'est le comble de la vulgarité. Une incitation à peine voilée à la débauche. Trop jeune et mal encadré, Vano Baby a franchi le rubicon avec "Nanzéwe do charge". Si "Adigoué gboun gboun" fait le buzz et que "Vano wê" est adulé par certains mélomanes, "Nanzéwe do charge" par contre n'a rien d'instructif. Star d'un moment, le jeune artiste devrait, après avoir réussi à se faire connaître, se donner un nom et passer à une étape artistiquement plus sérieuse s'il compte évoluer dans la musique. D'aucuns diront qu'il fait la musique de son temps, avec des paroles de son âge. Sans doute ! Mais il y a un pas de trop à ne pas franchir et pour l'instant, la question est de savoir s'il faille le laisser poursuivre l'aventure de la vulgarité ou si, enfin, il faut y mettre des balises et la barrière.

 



Source : Lanationbenin


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