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Musiques : le monde est noir

  Musique, #

C'est une histoire qui court sur 4 500 ans. Depuis l'antique Égypte des pharaons noirs jusqu'aux acteurs du récent printemps arabe, le fil est solide, matérialisé par une grande fresque chronologique, qui serpente dans une des grandes salles : à chaque marqueur temporel, un événement mythologique, historique ou social s'inscrit en corollaire d'un fait musical. Invention d'un instrument ou création d'un hymne, apparition d'une technique artistique ou sortie d'un disque essentiel.

Ainsi va l'exposition " Great Black Music ", installée dans les deux étages muséaux de la Cité de la musique, parc de la Villette à Paris. Comme un chemin de vie et d'art, où culture et histoire avancent côte à côte, et tissent un maillage : celui de la grande musique noire, forcément plurielle.

" La destinée des musiques noires est la plus grande aventure artistique du XXe siècle ", explique Marc Benaïche, fondateur de la revue " Mondomix " et commissaire de l'exposition. " Ce grand courant est alimenté par une infinité d'affluents, difficiles à appréhender d'un seul point de vue. L'expo a donc été conçue comme un assemblage de fragments. "

Puzzle géant

Après avoir été équipé d'une tablette tactile, chaque visiteur est placé en immersion interactive. Et devient lui-même un explorateur de la " great black music ". Dans la première salle, une vingtaine de figures légendaires l'attendent, chacune sous la forme d'un totem cylindrique coiffé d'un écran vidéo.

John Coltrane, Fela Anikulapo Kuti, Michael Jackson, Manu Dibango, BB King, Bob Marley, Ali Farka Toure, James Brown, Gilberto Gil... Chacune des mini-biographies est la pièce d'un puzzle. Un éclectisme un peu troublant (même le blanc-bec Elvis Presley figure parmi les " Monstres sacrés des musiques noires "), dont la cohérence finit par s'imposer. Tout comme l'importance des femmes (Billie Holiday, Aretha Franklin, Nina Simone, Oum Khalthoum, Miriam Makeba...) dans une histoire souvent violente.

" Mama Africa "

Féminine aussi l'appellation de la " Terre Mère ", la " Mama Africa ", continent des origines. Dans une salle octogonale, cinq films projetés simultanément racontent en archives rares ou inédites des zones géographiques distinctes semblant dialoguer entre elles.

Avec un dispositif semblable, l'espace consacré aux rythmes et rites sacrés rappelle la persistance de la chose religieuse dans toutes les musiques noires. " Les rituels vaudous furent un outil de cohésion entre les esclaves ", souligne Marc Benaïche. " Le maloya réunionnais cultive en musique le souvenir des ancêtres, tandis que gospel et negro-spiritual combinent sources rythmiques africaines et religions chrétiennes. "

Au sous-sol, les Amériques noires exposent, elles aussi, leur diversité. De Bahia à New York, de Porto Rico à Carthagène, elles ont posé les bases de la quasi-totalité des musiques populaires du XXe siècle. La chaîne états-unienne est une certitude : le gospel et le blues ont généré une chronologie intégrant le jazz, le rock, la soul, le rhythm'n'blues, la funk, le disco, le hip-hop... Ce que démontre un foisonnement de films de concerts savamment agencés.

Idem, les musiques latines, du Brésil et d'ailleurs, continuent d'irriguer une généalogie, racontée ici avec une collection d'instruments et de documents précieux. Et soudain, le cousinage de la bossa de Gilberto Gil et du reggae de Bob Marley apparaît comme une évidence.

Le " Global Mix "

Ludiques, plusieurs espaces permettent au public d'expérimenter par lui-même le grand mixage des musiques, et de mieux appréhender la cohérence des musiques noires : intitulée " Global Mix ", une section donne à manipuler une table de mixage pour superposer un tube de Prince sur un classique Zulu d'Afrika Bambaataa, par exemple, et en révéler ainsi la proximité.

Au terme de ce long parcours, on peut aussi se défouler dans une des cabines où un professeur de danse enseigne (et capture en vidéo) vos premiers pas de danseur hip-hop.

C'est un grand périple que celui proposé par " Great Black Music ". Riche et dense. Peut-être trop : au total, l'exposition propose onze heures de contenus audiovisuels ! Ce qui oblige à faire quelques impasses ou à survoler quelques chapitres. Ou à en emporter quelques-uns chez soi : après avoir rendu la tablette tactile utilisée pendant la visite, le visiteur recevra par mail le détail de son propre parcours, playlist incluse. Presque aussi bien qu'un carnet de voyage.

" Great Black Music ", jusqu'au 24 août à la Cité de la musique, à Paris. Fermé le lundi. De 4 à 9 €. 01 44 84 44 84 ou citedelamusique.fr

" La destinée des musiques noires est la plus grande aventure artistique du XXe siècle "



Source : www.sudouest.fr


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loulou
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