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Pourquoi les médias noirs ont-ils du mal à percer en France?

  Business, #

FashizBlack n'est plus. Le magazine tire sa révérence après 6 ans d'existence, dont 2 en kiosque. L'occasion pour nous de nous questionner sur la place des médias noirs en France et aux obstacles auxquels ils se heurtent.

Depuis 5 ans, une presse afro fleurit sur nos écrans. Du magazine en ligne à la chaîne de télévision, tous se démènent pour promouvoir une communauté jusqu'alors ignorée par les médias. NegroNews, Roots, Nofi, BeBlack... La volonté de revendiquer une identité noire se fait de plus en plus ressentir.

L'afro-français est né. Avec une double-culture plus qu'assumée. Ce mélange

fait de lui un être à part. Ni totalement africain, ni tout à fait français;

C'est un noir. Avec une culture "noire". Tout comme l'afro-américain.

Du moins, pour certains. Pour d'autres, ils sont des africains à part entière.

Pour d'autres encore, ils prétendent être des français comme les autres.

Et tout le problème est là.

 

 

Tous ces nouveaux médias ont voulu faire d'une couleur de peau, une identité. Car le noir américain, arraché à sa culture et à ses origines, a exclusivement basé sa communauté sur une couleur de peau. Logique. C'était le seul marqueur identitaire dont il disposait, son seul point commun avec les autres,

ceux qui souffraient tout autant que lui. C'est alors qu'une

culture "black" est née. Musique, danse, cinéma, code, langage, traditions...

tout y est passé. Faîtes par eux. Faîtes pour eux.

Une faiblesse culturelle transformée en force économique.

 

Un statut qu'envie surement certains médias afros, ici, rêvant surement d'un succès à la Essence, d'un FUBU* version française. Mais la réalité en France est tout autre. Non pas parce que les Noirs de France sont moins solidaires, mais parce qu'ils ont d'autres moyens de l'être, avec des personnes différentes. Des personnes de la même origine qu'eux, de la même culture, de la même religion ou de la même ethnie qu'eux... L'entre-aide de la communauté malienne n'est aujourd'hui plus à prouver. Car ils ne se voient pas en tant que noirs, ils se voient en tant que maliens.

 

L'erreur de tous ces médias est de vouloir imiter un modèle sans prendre en compte les différences historiques liées à chaque peuple noir dans

les différents pays où il se trouve. La diversité des communautés noires en France bloque ce processus d'essentialisme noir à l'oeuvre aux Etats-Unis.

Certains le prennent comme un avantage, pour d'autres, c'est un inconvénient.

 

En réalité, c'est les deux. Car le lien qu'ont beaucoup de Noirs de France avec l'Afrique, même seulement à travers leurs parents, leur permet de se voir autrement que par une couleur de peau. Ils ont une culture. Ils ont une origine. Cependant, il est impossible de se reposer économiquement sur une communauté ayant tant de disparités. Mais faut-il pour autant sacrifier son appartenance ethnique au profit d'une appartenance raciale ?

En tant qu' afromédia, vous devez alors vous poser les questions suivantes :

 

 

First : Quelle est votre véritable cible ? La communauté noire, oui, mais laquelle ? Celle qui se voit française, celle qui se sent africaine, celle appartenant aux deux groupes, ou celle n'appartenant à aucun d'entre eux... 4 cible. Vous faîtes une grossière erreur de stratégie si vous pensez avoir pour cible la communauté noire dans sa globalité.

 

Second : Vous est-il possible de toucher chacune d'entre elles à travers votre média, et par quels moyens ? Si non, visez en une seule et tenez-vous en. Les médias qui visent un pays/une origine en particulier, par exemple, ont davantage de chances de réussir, car leur cible et leur contenu sont beaucoup plus précis. Le magazine JeWanda, doit son succès et ses 130 000 abonnées, à une communauté camerounaise plus que fidèle. Oeil d'Afrique diffuse une actualité exclusivement africaine. Ne vous dispersez pas en essayant de vouloir plaire à tout le monde.

 

Third : Votre nom de marque n'est-il pas un frein au développement de votre entreprise ? Beaucoup de nouveaux afromédias font le choix d'apposer les termes " noir" et " black" au nom de leur société. Revendiquer son identité n'est pas une mauvaise chose en soi, mais l'afficher de façon aussi évidente peut vous fermer les portes à des lecteurs et des annonceurs potentiels. Le choix de l'acronyme Nofi comme abréviation à la marque-soeur Noir&Fier a été un acteur essentiel au développement de la firme. Le magazine Elle créé par et pour des femmes à la peau blanche touche un lectorat féminin pluriel grâce à l'universalité de son appellation. C'est simple, prenez exemple sur ce qui marche.

 


femmedinfluence.fr


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