Tshegue, la sensation afropunk de l'été

  Musique, #

Avec son physique à la Grace Jones et son tempérament révolté, Faty a vampirisé Dakou, son alter-ego cubain (il a collaboré avec Raul Paz et Yael Naïm), au premier regard. Cette furie punk n'aime pas les relations tièdes. "On ne pourrait pas faire de la musique ensemble si je n'aimais pas son odeur, sa peau ou sa façon de manger", affirme-t-elle haut et fort.

Sapée en jean et T-shirt grunge pour notre première rencontre en avril, elle révèle à demi-mot avoir grandi à Kinshasa jusqu'à l'âge de 9 ans. Une terre de musiques qui a vu naître sa vocation. "Là-bas, c'est un mode de survie", explique-t-elle. Pour rassurer sa mère, qui la rêvait médecin ou avocate, elle a bossé à côté - aux platines de l'Embuscade (bar nocturne du 9e arrondissement), notamment.

 

On m'a donné une liberté et j'en profite sans complexe ni jalousie

Faty

Au hasard des rencontres, épaulée par son mentor Bertrand Burgalat, elle monte le groupe Jaguar et invente le "voodoo'n'roll", entre cajun et musique tribale. Un terrain de jeu à valeur de thérapie. Le groupe tourne beaucoup mais n'enregistre pas d'album : "Je ne voulais pas immortaliser ce que je considérais comme une crise d'ado tardive." "Je suis shegué, bandit mais libre !"

Avec Tshegue, l'ambition est plus grande. "C'est mon oxygène", résume-t-elle. Sa musique vibre au rythme de ses battements de cœur, entre garage rock, transe et afrobeat : "Je suis mystique et animiste. C'est simple je crois à la Lune et au Soleil." Elle y met toute sa profondeur et toute sa rage, à l'image des légendes du blues qu'elle adulait enfant. "Howlin' Wolf ou Screamin' Jay Hawkins m'ont donné la niaque. J'aime aussi les sauvageons comme Captain Beefheart. Et les battantes comme Madonna ou Édith Piaf."

Derrière son projet, Faty veut porter haut ses valeurs. Son père est musulman, sa mère chrétienne, "des guerriers" dont elle a hérité l'aplomb. "On m'a donné une liberté et j'en profite sans complexe ni jalousie !" Ses premiers sons, qui mixaient sourates en arabe et comptines en italien, portaient déjà le sceau de la résistance.

Aujourd'hui comme hier, elle mélange les genres, mêle sa langue natale à des mots imaginaires - convaincue de l'autorité du "body language" - pour tromper l'ennui et exercer son esprit libre contre l'injustice. Dépourvue de la nationalité française, elle se revendique "shegué", terme qui désigne les enfants des rues à Kinshasa, "bandits, voyous mais libres" ! Quand on lui demande quel a été son acte le plus punk, elle répond : "Rester chic ! Parce que je ne confonds pas le rock'n'roll et le vaudeville." Forte tête !

EP Tshegue (Ekler'O'Shock /EOS Records) sorti le 9 juin. En concert à La Mamie's (Ferme du Bonheur, à Nanterre, le 2 septembre)

Mise en beauté, Takako Noborio / Sybille Kleber



Source : La Parisienne



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