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Youssou N'Dour : "Picasso a été profondément influencé par l'art africain"

  Culture & Loisirs, #

Le Point Afrique : Youssou N'Dour, vous faites partie des artistes africains les plus populaires, on vous connaît dans le monde entier et vous vous produisez régulièrement sur les cinq continents. Vous dites souvent que les artistes africains s'exportent moins bien que les autres et que la musique africaine n'est pas valorisée par rapport à ce qu'elle représente...


Youssou N'Dour : C'est un constat. Longtemps, les jeunes Africains assistaient à des concerts d'artistes étrangers et écoutaient beaucoup de musiques provenant des États-Unis, comme le rap ou le hip-hop. La scène musicale africaine était dépassée par des styles musicaux importés de l'étranger. Mais, aujourd'hui, force est de constater que cette dernière a gagné ses galons grâce au talent et à la volonté d'innover de jeunes artistes issus des quatre coins de l'Afrique. Je pense notamment au groupe nigérian P-Square, au chanteur congolais Fally Ipupa, à la chanteuse sud-africaine Zahara. Je ne peux pas tous les citer, mais ils sont nombreux et sont la fierté du continent africain. Ils méritent d'être connus et reconnus au-delà de nos frontières.

Ce constat est-il le même dans d'autres disciplines artistiques comme la peinture, la sculpture ?

Avant de répondre à votre question, j'aimerais rappeler que le plus grand artiste du XXe siècle, Picasso, a été profondément influencé par l'art africain. L'un de ses tableaux les plus célèbres, Les Demoiselles d'Avignon, a été inspiré par les masques africains qu'il possédait. L'idée d'intercession divine propre à l'art africain a profondément marqué son œuvre. Que ce soit le peintre Modigliani, le peintre sculpteur Brancusi ou d'autres encore, il n'est pas exagéré de dire que l'art du XXe siècle a puisé son énergie et son inspiration dans le terreau des arts africains et océaniens. L'artiste Aristide Maillol célébrait ainsi l'art africain en disant qu'il renfermait "plus d'idées que l'art grec". Cette richesse artistique et son apport précieux dans l'histoire de l'art contemporain sont reconnus. L'entrée, il y a deux ans, du sculpteur sénégalais Ousmane Sow à l'Académie des Beaux-Arts de Paris en est une belle illustration. S'ajoutent à cela les nombreux événements qui célèbrent et valorisent cet art et ses artistes. Je pense notamment au prestigieux salon d'art contemporain africain 1:54 à Londres et au lancement en décembre prochain à Paris de la nouvelle foire d'art contemporain africain Akaa.

Pensez-vous que les institutions internationales, l'Unesco, par exemple, peuvent jouer un rôle dans la valorisation de la culture africaine ?

Je pense que les institutions internationales devraient avant tout s'accorder pour mettre en place une économie de la culture. Je m'explique : beaucoup d'artistes de grand talent n'arrivent pas à vivre de leur art. La précarité est leur quotidien. Je souhaiterais donc que les Nations unies ne négligent pas cette réalité, car cette organisation internationale a souvent tendance à prioriser la préservation des cultures anciennes au détriment de l'aide à la création.

Pensez-vous que la culture soit un enjeu d'attractivité économique pour un pays ?

Tout à fait ! Les artistes qui, comme moi, ont eu la chance de réussir à l'international contribuent à la visibilité de leur pays et à son essor économique. Je suis persuadé que l'art rapproche les peuples. En effet, si les gens apprécient votre art, vous leur donnez envie d'aller plus loin dans la découverte de votre culture. Les répercussions positives de la culture sur le tourisme et l'emploi sont indéniables et devraient normalement motiver les États à investir dans ce domaine. Or, on constate, notamment au Sénégal, que la majorité des festivals, à titre d'exemple le festival international de jazz de Saint-Louis et le festival Africa Fête, sont à l'initiative du secteur privé et que l'État contribue peu à l'organisation de ces événements malgré leur rayonnement régional, voire international. Je m'en suis rendu compte lorsque j'occupais la fonction de ministre de la Culture de mon pays, le Sénégal. Je me suis également aperçu que dans l'univers de la musique, du théâtre, des arts plastiques ou du cinéma, les associations sont très actives mais elles n'ont pas les moyens de leurs ambitions. Tenez, si on parle du cinéma, par exemple, comment valoriser les initiatives cinématographiques de réalisateurs sénégalais ? Il n'y a plus de salles de cinéma au Sénégal... Et pourtant, malgré le manque de moyens, les films sénégalais sont bien représentés dans les festivals de cinéma du monde entier.

Travaillez-vous actuellement sur la production d'un nouvel album, et quel sera son thème ?

Oui, je suis en train de préparer un nouvel album, ce qui est de plus en plus complexe dans l'univers musical actuel. Cela prend beaucoup de temps, mais, à la rentrée, je pense que l'on sera en mesure d'en assurer la distribution. Cet album sera un clin d'œil à la jeunesse africaine, mais je ne peux pas vous en dire plus aujourd'hui...



Source : afrique.lepoint.fr


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